L’ACF IdF et le cinéma Utopia de st Ouen l’Aumône organisent une projection de « Experimenter » suivie d’une discussion le jeudi 7 avril à 20h30

La projection du film de Michaël Almereyda « Experimenter »

au cinéma Utopia à st Ouen l’Aumône sera suivie d’une

discussion en présence de Omaïra Messeguer,

psychanalyste, Membre de l’ECF

et de Véronique Outrebon,

Membre du Comité régional de l’ACF IdF

 Jeudi 7 avril à 20h30

Argument de la soirée

Soumission aveugle à l’autorité : la banalité du mal ?

Au XVIème siècle,  de La Boétie[1], dans un essai célèbre,  nous proposait cet oxymore subversif : « la servitude volontaire ». A l’issue de la deuxième guerre mondiale nombreux sont ceux qui ont interrogé l’implication des populations, notamment européennes, dans les différentes versions du fascisme et dans le projet d’extermination nazi. Tous interrogent cette ambiguïté d’une action qui n’est pas contrainte et qui peut cependant conduire chacun à commettre des exactions contraires à ses propres valeurs ou convictions.

L’un d’eux, Stanley Milgram[2] est certainement le plus connus des psychosociologues. Son nom reste en effet lié à ce qui constitue l’une des plus effrayantes et emblématiques expériences menée dans les années 60, par les résultats qu’il obtint, sur le paradigme de la soumission librement consentie à l’autorité. Cette expérience fut violemment critiquée tant sur le plan éthique que  pour  ses conclusions sapant la thèse rousseauiste de « l’homme naturellement bon ». 1

Milgram et Arendt[3] seraient-ils sur la même longueur d’ondes ?

 A la même époque, Eichmann haut fonctionnaire nazi a été capturé et son procès a donné lieu à des articles puis à un livre « Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal » publiés par Hannah Arendt dont Milgram a non seulement défendu mais aussi nourri les conclusions. Celles-ci consistaient à dire que la monstruosité d’un régime peut parfaitement s’appuyer sur le travail ordinaire de fonctionnaires zélés se soumettant aux ordres. « Exécuter les ordres » a d’ailleurs  constitué une modalité de défense d’Eichmann durant ses auditions.

 Rappelons très brièvement le principe de cette expérience dont l’objectif réel visait à montrer les modalités de la soumission à l’autorité.

A la suite d’une petite annonce parue dans la presse, des sujets de sexes différents, de toutes classes sociales et de tous niveaux d’études, se portent volontaires pour participer à ce qu’ils croient être une recherche sur la mémoire et l’effet de la punition sur le processus d’apprentissage.

Il leur est demandé d’infliger des décharges électriques d’intensité croissante à d’autres sujets (qui eux, à l’insu des participants sont des acteurs et ne reçoivent en réalité pas de chocs) s’ils échouent à mémoriser des couples de mots. L’expérience est menée sous l’autorité d’une personne supposée compétente.

Dans la variante la plus connue, 2/3 des sujets qui s’y sont prêtés ont poursuivi l’expérience jusqu’au voltage le plus dangereux soit à un degré d’intensification qui aurait pu être fatal.

Pourquoi ces sujets, « ordinaires », pour des raisons si futiles, commandés par une autorité ici scientifique, se sont-ils changés en bourreaux ? Pourquoi n’ont-ils pas au nom de la « décence commune »[4] riposté ?

Tout en citant Freud, les conclusions de Milgram tentent d’apporter comme réponses des ressorts psychologiques à son expérience.

La psychanalyse est une référence fondamentale pour saisir le sujet humain au-delà du visible, quel éclairage peut-elle nous apporter sur ce qu’il en serait de nos penchants inhumains et de notre tentation tout aussi inhumaine à la servitude volontaire ?

 

[1]    Etienne de La Boétie-Ecrivain, humaniste-  auteur de « discours de la servitude volontaire » 1547

[2]    Stanley Milgram –Psychosociologue .

1    JJ. Rousseau – « discours sur les sciences et les arts » – 1750

[3]    Hannah Arendt –  Philosophe –  « Eichmann à Jérusalem:rapport sur la banalité du mal » – 1963

[4]    « common decency » que l’on doit à Orwell dans « The road of Wigan Peer » 1935

 

 

 

 

Adresse du cinéma UTOPIA

7 place Mendès France

95310 Saint-Ouen-L’Aumôme

01.30.37.75.52

Pour tout renseignement : acfidf.veroutrebon@gmail.com

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