Echos de Seine Oise

Adolescence et Réseaux Sociaux, Victime ?

Liliana Salazar-Redon

 

Ce 9 juin 2015, nous avons accueilli Philippe Lacadée à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). À travers sa conférence, il nous a transmis ce qui, d’une psychanalyse vivante et vivifiante, permet d’interpréter les discours qui entourent l’adolescent dans la modernité.

Cet événement, organisé et préparé par l’ACF Ile-de-France Ouest,  a eu lieu dans un collège public, ce qui nous a permis d’accueillir des médecins, des infirmières, des psychologues scolaires, des éducateurs, des parents d’élèves et des étudiants en psychologie.

Cet exercice de transmission auprès de partenaires non psychanalystes a été fait dans une langue simple mais rigoureuse, qui renforce le lien de transfert à la psychanalyse tissé avec certains partenaires dans notre région d’Ile de France.

A travers le thème des réseaux sociaux, nous avons mis au travail la proposition faite par PIPOL 7 de mesurer les conséquences de la victimisation généralisée aujourd’hui et de dégager les axes permettant d’introduire la question de la responsabilité.

Nous avons pu mesurer très rapidement les effets d’ouverture que cet exercice a permis, notamment à travers le projet de poursuivre la réflexion autour de cette problématique. Philippe Lacadée, avec sa proposition de définir la période de l’adolescence comme étant celle où se produit « la crise de la langue articulée à l’Autre », a pu déployer la logique qui favorise l’engouement des adolescents pour les réseaux sociaux. À partir de ce point, une réflexion s’est amorcée sur l’importance de prendre appui sur le discours psychanalytique pour éclaircir la position à partir de laquelle l’adulte répond aujourd’hui à un adolescent, réponse qui pourra  susciter en celui-ci un engagement  dans son dire.

Cette façon de faire circuler les signifiants de la psychanalyse dans la cité est en elle-même une façon de répondre au malaise  actuel à partir d’un discours et non d’une idéologie.

Soirée librairie à Versailles : Le corps des femmes

4 juin 2015

Anne-Marie Landivaux

 

« Je suis venue parce que ça s’appelle La cause du désir », nous dit cette jeune femme qui a poussé la porte de la librairie Antoine au cœur du vieux quartier Saint-Louis à Versailles – le jour où, avec Laura Sokolowsky et Romain-Pierre Renou, nous présentions le dernier  numéro de la Revue et son enquête sur Le corps des femmes.

Nous avons inauguré ces soirées autour de la Revue en 2012, répondant à l’invitation de l’École de renouveler les initiatives locales en direction d’un public pas spécialement familiarisé avec la psychanalyse. Pour ma part, je déplorais que la Revue ne soit pas davantage diffusée en librairie – sauf, bien sûr dans les grandes villes. Je me suis donc mise en quête d’un lieu susceptible de nous accueillir, et ce fut la rencontre avec Serge Bessière, libraire engagé, qui nous a fait bénéficier de son savoir-faire et de ses contacts. Je me souviens de plusieurs échanges dans « l’après –coup » où il m’avait confié qu’il avait trouvé la soirée intéressante car elle ouvrait beaucoup de perspectives et faisait travailler les neurones ! Son enthousiasme était partagé par les participants de l’atelier d’écriture qu’il avait lui-même informé. Le style des intervenants était bien apprécié. L’expérience se poursuit depuis maintenant trois ans. Serge Bessière vient de prendre sa retraite mais son successeur, Antoine Michon, est partant pour continuer.

Mon initiative, approuvée par le Bureau de l’ACF-IdF, a été soutenue par quelques collègues, dont la participation régulière a permis à l’expérience de se poursuivre. Plusieurs membres de l’École (Dominique Miller, Hélène Bonnaud, Aurélie Pfauwadel, Anaëlle Lebovits-Quenehen, Déborah Gutermann-Jacquet et, en dernier lieu, Laura Sokolowsky avec Romain-Pierre Renou) ont accepté de se déplacer jusqu’à Versailles pour présenter La Cause du désir et nous parler de leur expérience. Anaëlle est même revenue trois fois ! Tous ont su susciter une vraie rencontre avec un public plus ou moins nombreux mais vivement intéressé, et permettre aux participants de poser des questions souvent personnelles et non triviales pour les sujets concernés. Il s’est avéré que le cadre informel et le nombre assez limité de participants permettaient justement à ce type de questions de surgir.

Ce ne sont pas forcément les mêmes personnes qui reviennent. Une fois leur question précisée, elles vont éventuellement la mettre en jeu ailleurs. Ainsi, notre jeune femme de tout à l’heure, professionnelle en « développement personnel » et formée aux thérapies systémiques et comportementalistes, avait retenu de Lacan l’importance du signifiant. Elle est beaucoup intervenue au cours de cette soirée et a pu nous dire à la fin qu’elle ressentait la nécessité d’une formation permanente et aimerait participer à l’un de nos ateliers…

Gageons qu’une nouvelle aventure va commencer, avec la librairie Antoine !

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