COLLOQUE ACF IDF

Ça n’passe pas !

… mais ça insiste.

 SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2014

9H-18H à Bourg-La-Reine

Colloque ACF IdF

ARGUMENT

Corps et âme, l’être parlant s’échine, avec « patience et courage »[1], à « supporter ce qui n’passe pas »[2] et à affronter ce qui de son monde est intolérable. Comment se peut-il que la pilule soit si difficile à avaler ? Qu’est-ce qui reste si indigeste pour le vivant ? Quelle est cette aspérité qui fait achopper l’être doué de langage ? Sur quel réseau infernal se condamne-t-il à errer ? Sur quelles voies de garage s’engage-t-il ? Quel grain de sable coince les aiguillages si bien huilés du discours de la science allié au discours capitaliste ?

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Ce qui ne tourne pas rond vient de ce petit détail chez l’être parlant qui ébranle son train-train quotidien ou déséquilibre l’harmonie qu’il s’épuise à mettre en œuvre. Ce qui ne va pas s’origine de cette faille inhérente à l’être affecté par le langage. Si l’on considère cette béance structurale, on prend alors au sérieux ce point d’intolérable qui existe chez le parlêtre. Parce qu’il parle, le vivant est aux prises avec ce que le signifiant implique d’insupportable pour chacun. Et ce n’est qu’à l’aune de cette singularité inentamable que ses voies en impasse sont évaluables.

Dans ce trou, « quelque chose […] vient osciller dans l’intervalle. »[3]note Lacan. Vacillation qui fait « [qu’] entre la cause et ce qu’elle affecte » ça n’colle pas. Bien au contraire, ça défaille, ça rate et ça trébuche. À ce point, Lacan loge l’inconscient freudien. Et de rajouter : « ce qui se produit dans cette béance, au sens plein du terme se produire, se présente comme la trouvaille, […] la surprise, […] ce par quoi le sujet se sent dépassé » [4] mais qu’il attendait. Cette solution singulière est « retrouvaille [et] toujours prête à se dérober à nouveau, instaurant la dimension de la perte »[5], du manque fondamental. L’absence ici n’est pas le fond de l’affaire. C’est la rupture qui ouvre la voie à l’absence « comme le cri non pas se profile sur fond de silence, mais au contraire le fait surgir comme silence »[6].

Notre civilisation nous promet de résorber l’inassimilable, de gérer l’impossible, de suturer la faille. Elle plaque à chaque problème une solution clef en main en uniformisant l’écartement des voies prises par chacun. L’homéostase chantée par les sirènes du discours du maître contemporain n’est que leurre voilant ainsi la question de la rencontre du langage et du corps. Rencontre qui marque de manière indélébile et unique chaque sujet. Le défaut de satisfaction de la pulsion chez l’être parlant est irrésorbable. Ça n’passe pas chez le parlêtre. Et c’est humain ! Le train de la vie, est une « chaîne […] de destin et d’inertie, de coups de dés et de stupeur, de faux succès et de rencontres méconnues, [qui] fait le texte d’une vie humaine. »[7] Ça s’enraye, en effet, chez l’être parlant, mais il y a plusieurs façons de dérailler. « La psychanalyse peut permettre que ça puisse rater de la bonne façon »[8], au plus proche de ce qui fait la singularité du sujet.

Comment à partir de ce qui n’passe pas, à partir des failles manifestées par les formations de l’inconscient, à partir de l’angoisse qui fait signe du réel, le parlêtre peut s’en saisir pour en faire autre chose. Comment en « [cessant] de croire à son symptôme, […] le sujet a chance de pouvoir s’en servir »[9] ? Comment l’humus humain du XXIe siècle peut-il, s’ouvrir à l’invention, à la création ? Comment faire résonner la fonction de l’impossible dans le malaise contemporaine ? C’est ce que nous nous engageons à faire passer avec des cliniciens, des psychanalystes mais aussi avec des artistes.

[1] Lacan J., Le Séminaire, Livre xx, Encore, Le Seuil, Paris, 1975, p. 78.

[2] Miller, J.-A.,El hueso de un análisis, Tres Haches, Buenos Aires, 1998, p.73.

[3] Lacan J., Le Séminaire, Livre xi, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Le Seuil, Paris, 1973, p. 25.

[4] Ibid., p 27.

[5] Ibid.

[6] Ibid., p 28.

[7] Lacan, J., « Propos sur la causalité psychique », Écrits, Paris, Le seuil, 1966, p. 159.

[8] Miller, J.-A., « Vers PIPOL 4 », 37e Journées de l’ECF, Paris, 12.10.2008, inédit.

[9] Miller, J.-A., Présentation du congrès AMP 2006, « Le nom-du-père, s’en passer, s’en servir », 33e Journées de l’ECF, Paris, 2004, inédit.

Charles-Henri Crochet,

Délégué régional ACF-IDF

PROGRAMME

Programme COLLOQUE ACF IDF 2014

 


S’Y RENDRE

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Salle « L’Agoreine »

63 bis, boulevard du Maréchal Joffre – 92340 Bourg-la-Reine

RER B, Gare de Bourg-la-Reine

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Inscription recommandée

Participation aux frais : 10 €

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