Café psychanalyse

Argument du débat Café Psychanalyse du 23 janvier 2016

 

 RAVAGES DE LA PASSION

Vous êtes invités au Théâtre de Châtillon (3, treatment rue Sadi Carnot, 92320 Châtillon) le samedi 23 janvier 2016 à partir de 20h30 pour assister à la représentation du spectacle conçu à partir du texte Les palmiers sauvages de William Faulkner mis en scène par Séverine Chavrier, et participer au débat Café Psychanalyse de l’ACF-Île de France intitulé « Ravages de la passion » qui se déroulera après la représentation avec pour invités Danièle Lacadée-Labro (psychanalyste à Bordeaux) et José Rambeau (psychanalyste à Bourg la Reine) en présence de Séverine Chavrier et des comédiens.

Un conseil : Réservez vos places auprès du Théâtre de Châtillon au 01 55 48 06 90 ou par Internet sur le site billetterie@theatreachatillon.com

Vous pouvez aussi visiter le site du Théâtre : www.theatreachatillon.com

Entre les bruissements incessants des palmiers tourmentés par les vents et les pluies ravageuses qui enflent les fleuves, les terres de Louisiane portent à la passion comme William Faulkner ne manque pas de nous la faire vivre dans son roman Les palmiers sauvages paru en 1939 avant l’entrée des Etats Unis dans la Seconde guerre mondiale.

Par ce texte, Faulkner nous propose un rendez-vous clinique avec les imbroglios et les démêlés d’un couple homme/femme impossible et ce jusqu’au drame final.

Lors d’une soirée mondaine, le jeune Harry Wilbourne, étudiant en médecine en cours d’internat, rencontre Charlotte Rittenmeyer, femme mûre et décidée, bien installée dans la vie bourgeoise, mariée et mère de deux enfants. Le coup de foudre se devine.

Harry, naïf et fasciné par la rencontre d’une femme exerçant son charme à son endroit se jette dans l’aventure amoureuse tête baissée quitte à interrompre ses études. Charlotte, elle, s’ennuie et se jette dans l’aventure de l’adultère mais en y incluant comme condition à sa réalisation sa fidélité aux lois du mariage. Elle est entière et ne peut donc composer avec le mensonge. De l’attente du couple classique amant-maîtresse le roman glisse rapidement vers un trio infernal et la forme du « contrat » voire du « pacte » donnée à la rencontre amoureuse.

A partir de cette trame tragique, Faulkner déplie toutes les figures de malentendus et d’impasses qu’un tel couple adultérin alimente en défiant l’impossible et la loi morale. Pour les psychanalystes le texte faulknérien contient de nombreuses réflexions sur l’inconscient, le secret, sur les difficultés à faire couple, sur la solitude et au final sur le choix du souvenir plutôt que le suicide. J’en ai relevé quelques-unes qui ne manqueront pas de faire débat : « il entendait sa voix poser la question qu’il ne voulait pas poser et recevoir la réponse qu’il ne voulait pas recevoir »[1] ou bien « l’art instinctif et infaillible des femmes en toute matière touchant le côté pratique de l’amour »[2] ou encore « l’amour et la souffrance sont une seule et même chose et que la valeur de l’amour est la somme de ce qu’il faut payer pour le goûter, et chaque fois qu’on l’obtient à bon compte, on se vole soi-même »[3] ou « cette habileté des femmes à s’adapter au domicile, à la cohabitation »[4] ou encore « Ce n’est pas le romantisme de l’amour illicite qui les attire, ce n’est pas l’idée passionnée de deux êtres maudits condamnés, isolés et dressés pour toujours contre le monde et Dieu et l’irrévocable qui attire les hommes ; c’est parce que l’idée de l’amour illicite leur apparaît comme un défi, parce qu’elles ont un désir irrésistible de (…) prendre l’amour illicite et de le rendre respectable »[5] ou encore à propos des femmes « leur faculté d’adapter l’illicite, même le crime, à un code bourgeois de respectabilité »[6].

On y trouve aussi quelques formules qui n’auraient sans doute pas déplu à Lacan comme celle-ci « donner quelque chose dont on ne veut pas soi-même à quelqu’un qui n’en veut pas non plus »[7] ou celle-là « elle est plus homme que moi »[8] ou bien « Il y a des règles, des limites ! A la fornication, à l’adultère, à l’avortement, au crime… »[9] ou encore celle-ci « Alors pour que le souvenir s’éveille, il faut bien qu’elle soit là cette vieille chair, cette vieille chair indéracinable »[10] et pour finir « Car, si le souvenir existe en dehors de la chair, ce ne sera pas le souvenir ; car il ne saura pas ce dont il se souvient ; ainsi quand elle eut cessé d’être, la moitié du souvenir cessa d’être également ; et si je cesse d’être alors tout souvenir cessera d’être aussi. Oui, pensa-t-il, entre le chagrin et le néant c’est le chagrin que je choisis »[11].

José RAMBEAU (responsable des Cafés Psychanalyse de l’ACF-IdF)

[1] Faulkner.W, Les palmiers sauvages, traduction de M.-E. Coindreau, L’imaginaire-Gallimard n°2, page 20.

[2] Ibid, page 50.

[3] Ibid, page 53.

[4] Ibid, page 86.

[5] Ibid, page 87.

[6] Ibid, page 110.

[7] Idid, page 131.

[8] Ibid, page 139.

[9] Ibid, page 286.

[10] Ibid, page 323.

[11] Ibid, page 332.

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